Mayotte: Cultures et Religions

Écrit parsur 26 avril 2019

Plusieurs cultures se côtoient à Mayotte, mais la culture mahoraise qui concernait il y a quanrante ans 60% de la population s’est imposée progressivement sous une forme syncrétique à l’ensemble de la population locale. Il reste toutefois des isolats d’une seconde culture malgache mais fortement marquée par la culture mahoraise au point de n’etre difficilement discernable qu’au regard avisé. Enfin la culture française comme d’un manière générale, la civilisation occidentale moderne imprègne de plus en plus la culture locale.

Habits traditionnels

Les tenues traditionnelles font parties du spectacle lorsqu’on arrive à Mayotte. Les femmes s’habillent traditionnellement d’un “Lambawani” qui se compose de deux parties: le Saluva qui est un paréo, c’est à dire une jupe et d’un kishali. Le Salouva et la partie maîtresse de l’ensemble. Il est composé d’un tissu à motif et à couleur locales mais aussi modernes. De réalisation très simple, il s’enfile sur les habits de la femme, jusqu’à la poitrine ou on fait un noeud pour maintenir cette partie à la hauteur des seins. Qant au kishali, il peur être juste posé sur l’épaule comme une écharpe, ce qui donne l’air plus moderne à la femme. Il peut être aussi porté sur la tête, en couvre chef. Autrefois il servait de signes de reconnaissance communautaire.

Il est commun d’observer des masques de beauté (m’sindzano), principalement à base de bois de santal râpé mélangé à de l’eau, sur les visages féminins. Les cheveux, après un lavage avec une décoction de kapokier, étaient parfumés et tressés de façon savante. La chevelure était agrémentée avec des fleurs choisies pour les fêtes.

Pour ce qui est des hommes, la plupart s’habillent à l’occidental dans leur vie de tous les jours. Toutefois, lors des nombreuses fêtes religieuses et pour la prière, ils portent le Kandzou (Boubou) et le Koffia (couvre chef). Le Kandzou est une grande robe pour homme comme celui de leurs cousins africains. Le Kofia a la même forme qu’un kipa aux motifs religieux. On peut aussi croiser des personnes plus souvent âgées, avec un Shikoii, qui est comme le salouva pour les femmes, mais qui se porte jusqu’à la ceinture pour les hommes.

Le Moulidi

Le moulidi est une fête pratiquée par les musulmans à Mayotte, et qui est effectué seulement par les hommes. Il est composé de chants et de danses. Il a souvent lieu en mémoire d’un mort, lors de la naissance d’un premier enfant ou encore dans des festivités villageoises. Il a lieu dans la nuit et dure parfois jusqu’au matin. Les hommes sont habillés d’un boubou et portent un petit chapeau [le koffia].

Le moulidi commence par la lecture de quelques versés coraniques. Assis à même le sol les Moulidistes chantent en arabe et effectuent des mouvements avec leur corps. Au milieu un leader chante et les autres Moulidistes répètent son chant en refrain sous les percussions d’un Tari. Une première ligne de danseurs est alignée à genoux. Ils font des gestes lents avec les mains et tout le corps. Des gestes longuement répétés et coordonnés sont dévoilés lors de cette cérémonie. Un deuxième rangé de personnes se mettent debout derrière les agenouillés et les soutiennent par leurs gestes plus déployés. Ceux là font des mouvements brusques et rompus avec leurs bustes et leur bras. Ils se balancent à gauche et à droite et lancent des louanges à dieu et aux prophètes.

Parfois, on assiste même à des scènes des magies. Lorsque certains leaders de chant en extase et équipés de pics ou de couteaux se mutilent le corps sans souffrir. Ils se percent la gorge, se poignardent, se coupent des veines… et dans tout ça aucune cicatrice après la cérémonie ! assistez à une de ces fêtes et vous verrez par vous même.  

Le M’Biwi

Exclusivement réservée aux femmes, la danse du Mbiwi se pratique avec deux petits bout de Bambou bien coupés, lissés que les femmes utilisent pour créer un son qui va accompagner la musique jouée par un groupe qui doit animer la fête. Au fur et à mesure que la manifestation se poursuit les femmes se lèvent deux par deux pour exécuter une déhanchée, une danse très corporelle mettant en évidence tous les atouts corporels de la femme. Habituellement les plus généreuses des fesses arrivent à l’emporter à chaque fois. Si vous êtes maigre essayer de jouer avec le haut de votre corps, la poitrine et la position des bras. Il n’y a pas de position spécifiée, mais c’est aux spectateurs d’en apprécier.

Mariage traditionnel

Le haroussi est une fête qui dure en moyenne deux semaines à Mayotte pour sceller l’union d’un couple.  C’est l’occasion pour la famille du mari de montrer à tout le village sa valeur est sa richesse. L’homme doit normalement offrir à sa promise une dote définie par la religion à un montant de Cinq riyals [bien sur montant fixé depuis les temps anciens]. Mais bien évidemment, pour montrer sa valeur et sa réussite, les hommes, souvent, offre un montant qui commence de 2 000 à 30 000 euros.

A cela s’ajoute tout l’électroménager pour le foyer [four, frigo, télé, radio, micro-onde,…] et quelques « Pawouni » [ensemble de parures]. Voici donc ce qu’on attend du mari ! Pour cela une longue tractation s’opère entre les familles, non seulement pour fixer les termes du mariage et la dote, mais aussi pour la programmation des manifestations. Les termes acceptés par la famille, les festivités peuvent commencer.

Le grand jour arrivé, le marié est habillé comme un calife, un cheik, entouré des ses deux témoins, les hommes l’accompagnent au rythme du « Mchogoro » vers le lieu de la cérémonie. La femme quant à elle, reste dans le domicile familiale et attend l’arrivée de son future époux. Entre-temps, elle est maquillée comme une princesse des mille et une nuits. Henné et colliers en or, masque de beauté et parfum, elle est prête…Le cadi célèbre l’union religieusement. Dans le passé cela suffisait à reconnaître le mariage civilement et religieusement. Depuis la loi sur l’abrogation de la polygamie, les nouveaux couples doivent obligatoirement se marier civilement devant les mairies dépositaires du droit commun.

Les festivités de mariage sont entièrement financées par la famille de la femme, puisque l’homme a « avancé » l’argent. De la réussite du mariage dépend donc les manifestations programmées. Sont invités à festoyer tous les villageois, et d’ailleurs l’invitation se fait souvent après la prière de vendredi, en public.

Pour que le mariage réussisse, il faut plus qu’une famille pour l’organisation. Heureusement, la plupart du temps, les mères des deux familles appartiennent à des «Shamas», associations de femmes qui se mobilisent à cette occasion pour apporter à chaque famille l’aide logistique et financière nécessaire.

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